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Par Lauren
Publié le 20/05/2026
Temps de lecture : 15 min.

La Leyre : un fleuve

La Leyre est un fleuve.
Un fleuve va jusqu’à la mer.
La Leyre arrive dans le Bassin d’Arcachon.
On l’appelle aussi la “petite Amazone”.

Une histoire ancienne

La Leyre existe depuis très longtemps.
Elle s’est formée il y a environ 10 000 ans.
Avant, elle allait directement dans l’océan.
Avec le temps, elle a créé le Bassin d’Arcachon.

Son nom

On dit :

  • “la Leyre” dans les Landes
  • “l’Eyre” en Gironde

Les deux noms veulent dire :

  • eau
  • ou loutre (un animal)

Le parcours de la Leyre

La Leyre est formée par :

  • la petite Leyre
  • la grande Leyre

Elles se rejoignent et forment un seul fleuve.
Le fleuve mesure environ 135 km.

À la fin, il forme un grand delta avant d’arriver dans la mer.

L’eau de la Leyre

L’eau est souvent foncée.
Elle contient :

  • des feuilles
  • des morceaux de plantes

Quand l’eau déborde, elle laisse des éléments riches sur le sol.
Cela aide les plantes à pousser.

Un mélange d’eau

Dans le delta, l’eau douce de la Leyre rencontre l’eau salée de la mer.
Cela crée un mélange spécial.
Ce mélange est important pour les huîtres.

Les paysages

La Leyre traverse une forêt.
Les arbres forment un “toit” au-dessus de l’eau.
On appelle cela une forêt galerie.

Les animaux

Beaucoup d’animaux vivent près de la Leyre :

  • poissons
  • oiseaux
  • insectes
  • grenouilles

Par exemple :

  • le martin-pêcheur
  • la grue
  • la loutre

Un lieu protégé

La Leyre est un espace naturel protégé.
Il faut respecter des règles :

  • ne pas jeter de déchets
  • ne pas abîmer les berges
  • ne pas faire de feu

Certaines activités sont interdites :

  • les bateaux à moteur
  • le camping sauvage
  • les feux

Activités possibles

Tu peux faire des activités :

Sur terre :

  • marcher
  • faire du vélo

Sur l’eau :

  • canoë
  • kayak
  • bateau sans permis

Tu peux louer du matériel ou venir avec le tien.

Conseils

Fais attention :

  • aux branches dans l’eau
  • au courant
  • aux zones fragiles

La baignade est possible, mais elle n’est pas surveillée.

Conclusion

La Leyre est un lieu important.

Elle relie la forêt à la mer.
Aujourd’hui, elle sert à :

  • protéger la nature
  • faire des activités

Il faut la respecter pour la garder en bon état.

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La Leyre est un fleuve aquitain dont la formation remonte à presque 10 000 ans. Les nombreux affluents qui l’alimentent prennent sources en Gironde et dans les Landes, ainsi que dans la nappe phréatique s’étendant sous tout l’ensemble du massif sableux du bassin versant. Il y a environ 4 000 ans, l’Eyre formait une embouchure, à la manière de l’actuel estuaire de la Gironde, se déversant directement dans l’Océan Atlantique. Son important débit lui permis de chasser une grande quantité de sable, obstruant partiellement l’estuaire.

Ce phénomène naturel mena l’Eyre à former de multiples chenaux ainsi que le fameux bassin d’Arcachon.

Dans les Landes on dit plutôt « La Leyre », en Gironde le terme « l’Eyre » est plus utilisé. Etymologiquement, « Leyre » (loeira ou leira) signifierait « loutre », une espèce qu’il peut être possible d’observer sur les rives de ce fleuve. Tandis qu’en patois, l’Eyre signifie «eau ».
On confond souvent la Leyre avec une rivière, c’est d’ailleurs ce qu’on entend souvent dire, mais il s’agit en réalité d’un fleuve, puisqu’elle se jette dans le golfe de Gascogne.

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Les premières traces d’occupation humaine dans le delta de la Leyre datent du Néolithique (- 7000 ans avant JC). Les prairies du val furent aménagées au cours des XVIIIème et XIXème siècles le long des cours d’eau dans le but de produire des fourrages et/ou de mise en pâture.


Un système complexe de fossés et de canaux fut aménagé dans le but d’optimiser les rendements. L’eau de la Leyre est essentiellement composée de matières en suspensions : des particules organiques (débris végétaux de toutes tailles) et des particules humiques. Lors des débordements, ces particules riches en nutriments étaient déposées sur les berges, nommés « bourlets de crue », rendant les terres exploitables lorsque le niveau de l’eau redescendait ; car à l’époque, la région était facilement inondable et très marécageuse. Voilà pourquoi les sols riches et fertiles, présents tout du long de la Leyre, permettaient des activités agricoles.


Tout s’effondra à l’après-guerre (début 20ème siècle), lorsque les prairies furent abandonnées, les chenaux cessèrent d’être entretenus, et les arbres exploités.


Suite à cela, les réseaux de drainages devinrent comblés et des espèces végétales invasives colonisèrent les eaux et les rives. Ces phénomènes furent accentués au fil des décennies, avec une nouvelle déprise agricole accrue dans les années 1960-1970, qui s’est accompagnée d’une augmentation de 12% des espaces forestiers.

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La grande Leyre prend la majorité de ses sources dans les Landes, elle rencontre ensuite son principal affluent, la petite Leyre, à Moustey (40), puis se jette dans le bassin d’Arcachon, en Gironde (33). Leur jonction donne naissance à l’Eyre, dont l’intégralité mesure 135km. Cette dernière divague ensuite librement, puis se ramifie en un généreux delta au contact du bassin d’Arcachon, s’étendant sur plus de 5 000 hectares.
La petite Leyre, mesurant 55km, prend sa principale source au Sud de Luxey. Elle est étroite et végétale, et son eau est claire, elle n’est cependant pas praticable en canoë.
La grande Leyre, quant à elle, sinueuse et vive, son eau est plus foncée. Prenant ses sources vers Sabre, elle s’étend ensuite sur 45km.
Enfin, l’Eyre, plus large est plus calme, s’écoulant sur environ 35km, quitte sa voûte forestière pour s’affiner en de multiples bras et ruisseaux, formant le Delta de l’Eyre avant d’enfin se jeter dans le Bassin d’Arcachon et l’Océan Atlantique.
Sa partie en amont est caractérisée par un débit assez marqué, alors qu’à l’aval de Belin- Beliet, l’écoulement des eaux est ralenti, entraînant de nombreux détours et zig-zags, favorables aux inondations lors des périodes de crues.
L’hiver, le débit du fleuve est plus élevé, pouvant aller jusqu’à 32m 3 /s en février, et en été, plus faible, pouvant descendre à 6m 3 /s. La valeur sera différente selon l’endroit où les mesures sont réalisées.
Vous pouvez d’ailleurs suivre ici le niveau de la Leyre grâce aux échelles de références, disposées à divers endroits des communes que cette dernière traverse.

La Leyre possède une eau de couleur rouille et est entourée d’une forêt galerie constituée de feuillus, ces deux caractéristiques lui donnent le surnom de « petite Amazone ».

Interface eau douce et eau salée

Les eaux douces de la Leyre rencontrent les salines du Bassin d’Arcachon au niveau du Delta
(eau saumâtre), se mêlant et se démêlant au rythme des marées, dont l’onde n’inverse pas le sens du courant fluvial qui est juste ralenti voire stoppé, provoquant la montée des eaux. Ainsi, lors des fortes marées et en période de crue, la Leyre déborde et inonde la plaine deltaïque qui, composée d’îlots, de prairies humides, de prés salés et de domaines endigués, ressemble vu du ciel à une mosaïques de nuances de verts.


La Leyre constitue 80% des apports en eau douce qui affluent dans le Bassin d’Arcachon, les 20% restants proviennent d’autres ruisseaux ou chenaux y achevant leur course. La Leyre charrie chaque année dans le Bassin d’Arcachon des quantités importantes de sables (en moyenne 20 000 m 3 /an) et notamment en période de crue (45m 3 /jour). Afin de limiter ces dépôts dans le delta, un bac de dessablage fut aménagé à l’apex du delta en 1990.


L’apport en eau douce de la Leyre dans le bassin est un élément très important à la culture emblématique locale de l’huitre. En effet, les mélanges d’eaux douces et marines créent un écosystème idéal à leur prolifération, notamment de par sa richesse en phytoplancton, principal élément nutritif.


Sans la Leyre et ses courants, le plan d’eau serait fermé, le Bassin d’Arcachon n’existerait alors
pas, et le territoire serait fait d’étangs et de marais, comme il y a quelques milliers d’années.

L’Eyre a une couleur rouille, dû à la présence de minerai de fer provenant d’une roche riche en fer, l’Alios, typique des Landes de Gascogne.
Lors de son parcours, l’affluent creuse son lit dans des substrats acides de différentes natures (sableux, argileux, etc.). Ces fonds sableux en font un fleuve aux eaux naturellement pauvres en éléments nutritifs. Une des raisons pour lesquelles il n’y a par exemple pas d’algues poussant en ses fonds.
Le fonctionnement naturel de la Leyre permet un drainage normal, une sinuosité non contrainte et une alternance des zones de dépôts et d’érosion ; éléments très importants au maintien des écosystèmes.
Les épisodes de pluies intenses donnent lieu à une saturation et une remontée des nappes phréatiques, le sol sablonneux limite davantage l’absorption des eaux, ces dernières ne parvenant plus à s’évacuer, ruissellent et viennent s’accumuler sur des zones imperméables en contrebas. Ces débordements donnent parfois naissance à des marres abritant des espèces telles que des grenouilles, tritons, moustiques…
Ce fleuve bénéficie d’un microclimat : la voûte forestière qui l’abrite réduit l’évaporation et offre une zone majoritairement ombragée, accordant des températures moins fortes en été, bien que l’eau puisse s’élever à 20°C durant les périodes de chaleurs intenses. Pouvant s’abaisser en dessous de 10° l’hiver, l’eau a une température moyenne de 15°.

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Située dans la forêt landaise où domine l’exploitation du pin maritime, la vallée de Leyre se caractérise par sa « forêt galerie ». Cette dernière s’est formée le long du cours d’eau, suite à l’abandon de l’exploitation historique du bois et des prairies. Elle est majoritairement composée d’aulnes, de chênes et de saules, dont les branches se rejoignent au-dessus de l’eau. En plus de sa flore, elle est le refuge de nombreuses espèces animales : des insectes comme le fadet des laîches, les libellules ; des mammifères comme le murin à oreilles échancrées ; des poissons tels que le brochet Aquitain ; ou des oiseaux comme la grue cendrée et le martin-pêcheur. Il subsisterait encore quelques visons et loutres d’Europe ainsi que des tortues cistudes. De plus, comme dit précédemment, les débordements réguliers de la Leyre créent des mares forestières, propices à la reproduction de la Grenouille rousse et de la Grenouille agile.


Enfin, le Delta de la Leyre est situé sur l’une des voies de migration les plus importantes d’Europe comprenant la Réserve Ornithologique du Teich. Ce site a été inclus dans la liste des zones humides d’importance internationale en raison de son grand nombre d’habitats, d’espèces végétales et animales.

Règlementations, statuts de protection et labels

La vallée de la Leyre se situe dans un espace naturel protégé, classée « site inscrit » et ayant de nombreuses autres reconnaissances, comme le fait de faire partie des 12 cours d’eaux labellisés « sauvages » en France. Elle appartient également au parc naturel régional des Landes de Gascogne. Voici ses reconnaissances et labellisations qui lui furent accordées au cours du temps :

  • 1973 : Loi paysages
  • 1999 : Natura 2000
  • 2012 : Zone humide d’intérêt international
  • 2017 : Rivière sauvage

L’obtention de tous ces labels est due aux nombreux critères auxquels la Leyre, sa vallée et tous ses affluents répondent : qualité des eaux et habitats, libre divagation, présence d’espèces rares, absence d’urbanisation et de pollution sonore, activités humaines peu impactantes.


Il est alors nécessaire que l’humain adapte ses pratiques afin de préserver cette richesse naturelle, voilà pourquoi un cadre et des réglementations sont indispensables ; à commencer par le respect de ce lieu naturel protégé (ne débarquer que sur les plages de sable inertes, ne pas grimper en haut des berges fragilisées, emporter ses déchets…).


La mise à l’eau d’embarcations, notamment concernant les entreprises telles que les locations de canoës, ne sont autorisées qu’à certains endroit, afin de préserver les paysages fragiles qui façonnent les rives de la Leyre.


Certaines pratiques nautiques ne sont pas autorisées :

  • toutes activités à moteur (hormis les bateaux de plaisance au port du Teich et de Biganos → réglementées)
  • celles ayant lieu entre le coucher et le lever de soleil
  • la circulation d’embarcations habitables
  • la pratique du camping nautique et sauvage en berge
  • les feux
  • les véhicules à moteur (motos, quads, 4×4…) sur les berges du fleuve, tout comme les traversées de cours d’eau en dehors des guets prévus à cet effet.

Activités de loisirs et tourisme de nature

Sur la Leyre, vous avez de quoi vous occuper, sur terre comme sur l’eau. Les nombreux sentiers longeant le fleuve sur ses deux rives vous accueillent pour découvrir des paysages et une biodiversité unique, à pied, ou à vélo. Pour une expérience encore plus authentique, laissez-vous guider par Jean, notre raconteur de pays, et découvrez le fonctionnement, l’histoire et les secrets de la vallée de la Leyre.


Les ponts passant au-dessus du cours d’eau vous permettront de vous balader des deux côtés et de réaliser des boucles, en adaptant votre circuit à vos capacités et au temps dont vous disposez.


Pour ce qui est de la baignade, elle est autorisée mais aucun lieu n’est spécifiquement adapté à cela, elle relève donc de la responsabilité des baigneurs.


Avec ses eaux claires et de bonne qualité, ses zones humides et ses arbres tombés dans la rivière qui forment des caches à poisson, la petite Leyre est un cours d’eau idéal pour pêcher, d’autant plus qu’elle n’est pas empruntée par les canoës.

Retrouvez ici la réglementation de la pêche en Gironde


Sur la Leyre, de nombreuses embarcations sont autorisées, y compris votre propre matériel (sous votre responsabilité). Cependant, pour ce qui est des canoës gonflables, ils sont fortement déconseillés car de nombreux arbres et branches tombés sont cachés sous l’eau, peu profonde, tout le long du fleuve ; ils risqueraient d’endommager vos embarcations voire de les crever.


Autrement, il est possible de louer du matériel pour partir en individuel ou en groupe à la découverte de la Petite Amazone, au départ et à l’arrivée de différentes villes selon vos préférences et le lieu où vous vous trouvez :

  • Amazone canoë kayak du bassin d’Arcachon
  • Coup de pagaie
  • Maison de la nature du Bassin d’Arcachon (individuel & collectif)

Partez découvrir le Delta de la Leyre en galupe (barque traditionnelle) avec Lou Batel’Eyre, depuis le port de Biganos, ou en bateau électrique sans permis avec l’ECO-Plaisance BA depuis le port du Teich. Départs en fonction des horaires de marées.


Enfin, faites une halte à la ginguette Chez Po’potes ou à la Rotisserie du Val de L’eyre à Mios, pour un bon encas le midi avant de reprendre votre chemin.

Depuis de nombreux millénaires, la Leyre est exploitée par l’humain, utilisée pour le commerce, le transport, l’agriculture… et enfin les activités de loisirs ; contribuant au développement économique de la région. A l’époque contemporaine, le fleuve devient un lieu privilégié pour la conservation de la nature et les activités qui en découlent.


Ce lien entre la forêt du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et la mer compte à présent 100 000 descentes effectuées chaque année. Les écosystèmes qu’il abrite sont un patrimoine précieux qu’il faut à tout prix préserver en limitant notre impact et en intégrant des pratiques respectueuses.